François Bourassa et Martin Caron

Les producteurs agricoles n’oublieront pas la date du 1er octobre 2018 ayant vu l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire et l’annonce d’un nouvel accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’AEUMC. Les concessions dans la gestion de l’offre vont au-delà du pire scénario envisagé. Qui plus est, les États-Unis ont maintenant le pouvoir de s’ingérer dans notre politique interne. Une marche citoyenne est d’ailleurs en préparation pour le 18 novembre à Montréal.

« Le nouveau premier ministre François Legault s’est dit ouvert à intervenir dans le dossier de l’AEUMC et à travailler à une réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA). Il y a une urgence d’agir et nous avons hâte de discuter de nos propositions avec lui et le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne », a déclaré François Bourassa, producteur laitier et acéricole de Valcourt et président de la Fédération de l’UPA-Estrie.

Près de 175 producteurs agricoles et intervenants du milieu sont réunis au Centre Richard-Gingras du secteur St-Élie, aujourd’hui sur le thème : J’appuie mon agriculture. J’appuie ma forêt. Une seule résolution a été adoptée. Elle demande à l’UPA-Estrie de continuer à sensibiliser la population à l’achat local, de produits laitiers notamment, et de poursuivre les interventions auprès des députés fédéraux et provinciaux afin d’obtenir pleines compensations, équivalant aux pertes à long terme pour les producteurs qui subiront les impacts de l’AEUMC.

Le secteur agricole demande depuis 2005 une révision complète de la fiscalité foncière. L’augmentation très rapide du prix des terres a fait exploser le fardeau fiscal des entreprises agricoles, qui a crû de 9,3 % globalement au Québec en 2016. Selon le ministère de l’Agriculture, cette augmentation était de 9,5 % en 2017, de 11 % en 2018 et sera de 10 % l’an prochain. La part des taxes foncières agricoles payée par les producteurs était de 35,7 M$ en 2007; elle sera de 121,3 M$ d’ici 2020. Cette situation menace la rentabilité de nos entreprises.

Du côté de l’AEUMC, pour une troisième entente commerciale consécutive, les producteurs sous gestion de l’offre, plus particulièrement les producteurs laitiers, ont payé le prix. En ce qui concerne uniquement l’accès aux marchés pour les trois ententes (AEUMC, celle conclue avec l’Union européenne et celle du Partenariat transpacifique global et progressiste), on peut facilement évaluer à près de 500 M$ les pertes annuelles permanentes et récurrentes imposées aux producteurs laitiers canadiens, des pertes pour lesquelles ils n’ont jamais été indemnisés.

« L’équité en matière de taxation n’est plus assurée, surtout dans les régions où la pression sur la valeur des terres est plus forte et aux abords des grandes villes. Le gouvernement canadien doit quant à lui donner suite rapidement à ses engagements et dédommager les producteurs. Dans ces deux dossiers prioritaires, l’appui du gouvernement québécois est essentiel à la suite des choses », a conclu Martin Caron, producteur de lait et de grains de Louiseville et premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles.

Élections et conférences à l’ordre du jour

Le poste de vice-président de la Fédération de l’UPA-Estrie était en élection cette année. Michel Brien, producteur laitier de Racine, a été élu par acclamation remplaçant ainsi Lynne Martel-Bégin qui ne souhaitait pas renouveler son mandat.

Les participants ont aussi pu assister à deux conférences et réfléchir en atelier sur les sujets suivants :

  • Vingt-cinq ans après les États généraux du monde rural, comment se porte la ruralité au Québec et en Estrie? par Renaud Sanscartier, M.Sc. expert en agroalimentaire chez Coop Carbone et
  • Prévention des accidents à la ferme chez les enfants de l’Estrie » par Dr Claude Cyr, pédiatre aux soins intensifs et chercheur du CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Enfin, les délégués ont profité du congrès pour souligner les 40 ans de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles qui seront officiellement célébrées le 9 novembre.

À propos de la Fédération de l’UPA-Estrie

La Fédération de l’UPA-Estrie regroupe et représente les 4 000 producteurs agricoles propriétaires des 2 700 fermes sur le territoire des sept MRC de l’Estrie. La Fédération de l’UPA-Estrie contribue à l’amélioration continue et durable de la qualité de vie de tous les producteurs agricoles et forestiers de l’Estrie, en agissant afin de promouvoir, défendre et développer leurs intérêts professionnels, économiques et sociaux. L’UPA est une organisation syndicale professionnelle, qui fonde sa raison d’être et son action sur les valeurs de respect de la personne, de solidarité, d’action collective, de justice sociale, d’équité et de démocratie.