François Bourassa - Président de la Fédération de l’UPA-Estrie
François Bourassa
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Éditorial paru dans le bulletin Solidarité agricole de juin 2016

Un printemps record de 148 M lb de sirop et un temps sec pour les semences, l’été nous sera-t-il aussi agréable? Malgré le beau temps et les travaux, les dossiers et les revendications continuent de nous occuper.

En acériculture, le ministre Pierre Paradis n’a toujours pas donné suite au rapport Gagné, mais les nombreux messages qu’il laisse planer contre la mise en marché collective deviennent de plus en plus préoccupants. Plusieurs personnes demandent de modifier les règles sur le nombre de poules pondeuses ou de poulets de chair que l’on peut mettre en marché sans quota. D’autres voudraient vendre tout leur sirop en petits contenants pour échapper au contingentement. Nous devrons rester vigilants face aux modifications afin de ne pas fragiliser les systèmes collectifs au bénéfice de quelques-uns.

Puis, le choix que les producteurs doivent faire entre les programmes Agri et l’ASRA s’apparente davantage à une mise à mort de l’ASRA. À court terme, dans des régions à haut rendement, les programmes Agri sont souvent privilégiés, mais à long terme, dans des conditions de prix et de rendement plus faibles, l’ASRA demeure la solution. Les recommandations du groupe de travail sur la sécurité du revenu ne sont toujours pas reprises dans le discours du ministre Paradis.

De plus, les modifications et le transfert du programme de remboursement de taxes foncières agricoles au ministère du Revenu représentent une perte pour la très grande majorité des fermes, surtout pour les fermes de petite taille. Des rencontres auront lieu à ce sujet avec les ministères concernés et la Fédération québécoise des municipalités.

Du côté du gouvernement fédéral, nous attendons un réinvestissement du ministère de l’Agriculture dans différents programmes : Agri, recherche et développement et aide à certaines productions leur permettant de suivre le courant de l’acceptabilité sociale.

Quand vous lirez ces lignes, une manifestation à Ottawa aura déjà eu lieu le 2 juin. Le gouvernement Trudeau doit respecter son engagement électoral de régler le dossier du lait diafiltré. Les compensations promises aux producteurs à la suite du traité de libre-échange avec l’Europe (AECG) et du Partenariat transpacifique (PTP) il devra aussi les clarifier.

Comme dirigeants de l’Union, nous avons besoin de votre appui lors des manifestations. Lors de la publication du rapport Gagné, la participation massive des acériculteurs et de leurs collègues d’autres productions a donné des résultats. Lorsque nos outils collectifs et nos entreprises sont menacés, il est toujours important de répondre nombreux à l’appel.

Aux administrateurs qui en douteraient encore, c’est dans une année de forte mobilisation, comme celle-ci, que nous prenons conscience de l’importance de poursuivre la démarche À la rencontre des producteurs. Plus de 40 % des visites sont complétées. Je vous demande un effort supplémentaire SVP.

Bon été! Ayons des récoltes abondantes et de qualité. N’oublions surtout pas de prendre un peu de repos entre les périodes de travaux intensifs. L’équilibre favorise le succès.

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie