Éditorial paru dans dans le bulletin Solidarité agricole d'avril 2016

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la dernière parution. Le 11 février, Pierre Paradis a d’abord rendu public le rapport de Florent Gagné sur l’acériculture. Étrangement, M. Gagné reconnaît l’importance du système actuel comme étant à l’origine des succès de la filière acéricole. Il ajoute même qu’il serait indéfendable de revenir en arrière et de tout détruire. Ses recommandations font toutefois preuve d’incohérence et démontrent son incompétence. Abolir le contingentement pour favoriser la mise en marché libre nous ramènerait 25 ans en arrière.

François Bourassa
François Bourassa, président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Par conséquent, 5 jours après la sortie du rapport Gagné, plus de 1 000 acériculteurs se sont rendus à Québec dans le seul but de le dénoncer. Les acériculteurs québécois ont ensuite reçu l’appui incontestable, entre autres, de très grands producteurs, d’équipementiers et d’institutions financières.

Hormis un groupuscule d’insatisfaits, toute l’industrie acéricole dénonce le rapport Gagné. Souhaitons que le message soit entendu par le ministre de l’Agriculture et que les audiences de la Régie des marchés agricoles, tenues en mars, permettent l’émission de nouveaux contingents d’entailles lorsque nécessaire, et ce, sans avoir à en référer constamment à la Régie.

L’ingérence du ministre dans la mise en marché collective recommandée dans le rapport est une attaque contre toutes les productions. De nombreuses rencontres de sensibilisation ont eu lieu avec les députés un peu partout au Québec. Nous sollicitons également l’appui des MRC concernées.

Le 17 mars, le budget provincial a été déposé. Nous sommes heureux de constater que l’agriculture, la forêt privée et l’agroalimentaire sont enfin identifiés comme secteurs clés de l’économie du Québec.

Le programme de crédit de taxes foncières a été reconnu comme important, malgré qu’il ait été montré du doigt l’an dernier dans le rapport Robillard sur les finances publiques. Il sera donc maintenu, mais transféré au ministère du Revenu en 2017.

Plusieurs programmes ont été annoncés dans ce budget, dont un en appui aux transferts à la relève d’une même famille. Somme toute, le budget provincial renferme beaucoup de bonnes nouvelles. Attendons de voir le fin détail avant de s’emballer. Le MAPAQ et la FADQ subissent quand même de légères baisses de budget.

Dans le dossier du lait diafiltré, les négociations avec les transformateurs piétinent, le gouvernement tarde à intervenir et la baisse du prix du lait continue de se faire sentir chez les producteurs.

La solidarité effritée des producteurs entre les provinces dilue notre pouvoir de négociation avec les transformateurs. Nos confrères de l’Ontario sont prêts à aller beaucoup plus loin que nous pour régler le problème.

Cela dit, dans tous les dossiers, peu importe la production, la forte représentation des producteurs d’une même organisation est indispensable. «Forts et unis» doit être plus qu’un slogan. À l’intérieur d’une filière, tous les partenaires devraient viser cet objectif. Les bonnes nouvelles du budget 2016 sont la preuve que la mobilisation vaut toujours la peine.

En terminant, je vous invite à signer la pétition dénonçant le rapport Gagné sur le site de l’Assemblée nationale du Québec en suivant le lien suivant :

www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-5839

Bon printemps!

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie