Éditorial paru dans le bulletin Solidarité agricole de novembre 2018

D’une élection à l’autre, une chose ne change malheureusement jamais; la nécessité de rappeler notre existence et notre importance pour l’économie et l’occupation du territoire.

Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Les producteurs agricoles n’oublieront pas la date du 1er octobre 2018 ayant vu l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire et l’annonce d’un nouvel accord commercial entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’AEUMC. Les concessions dans la gestion de l’offre vont au-delà du pire scénario envisagé. Qui plus est, les États-Unis ont maintenant le pouvoir de s’ingérer dans notre politique interne.

Ces changements ne sont profitables pour aucun secteur. Les taxes sur l’aluminium, l’acier et le bois d’œuvre demeurent en place tandis que les secteurs sous gestion de l’offre écopent encore une fois.

On nous promet des compensations. Deux groupes de travail sont mis en place pour trouver la meilleure formule pour compenser les pertes. Cette fois-ci, il faudra que ce soit équitable et accessible à tous.

Le seul point positif fourni par cet accord est la sympathie des consommateurs et leur engouement pour acheter canadien. Nourrissons cet enthousiasme afin qu’il devienne un réflexe quotidien et s’étende à tous les types d’achats locaux.

Régionalement, plusieurs projets ayant nécessité beaucoup d’énergie et de concertation ont abouti en 2018. L’entente sectorielle de développement signée avec les sept MRC de l’Estrie permet de réaliser des priorités communes des PDZA. Il s’agit là d’un tournant pour la reconnaissance de l’importance économique de l’agriculture et de la foresterie.

La concertation régionale ainsi améliorée augmente les chances de succès des prochains défis. Des dossiers comme les plastiques agricoles, le recyclage, les milieux humides et la protection de l’eau sauront profiter de cet élan.

Une autre réalisation dont nous sommes fiers est l’obtention du financement pour un travailleur de rang pour les trois prochaines années. Dans un monde idéal, nous n’en aurions pas besoin. Mais, l’environnement d’affaires où évoluent les producteurs et les productrices est souvent source de stress et d’anxiété. Pouvoir compter sur des ressources disponibles lors de moments de fragilité n’a pas de prix.

Le souper-bénéfice Bières et fromages a permis de récolter 25 000 $. Merci aux participants, aux commanditaires et aux partenaires. Merci aussi aux bénévoles, plus particulièrement aux employés de l’UPA-Estrie qui ont vraiment le cœur à la bonne place.

Bonne fin d’automne!

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie