Éditorial paru dans le bulletin Solidarité agricole de septembre 2018

L’été 2018 devrait battre un record de chaleur. L’Estrie s’en est mieux tirée que d’autres régions. Cela nous rappelle

Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

l’importance de mettre en place des mesures pour atténuer les effets négatifs des changements climatiques comme le manque d’eau et les canicules plus longues et plus fréquentes. Le programme Agriclimat que l’Union développe en collaboration avec le Consortium Ouranos est devenu plus que pertinent.

Dans le Granit, la voie de contournement de Lac-Mégantic, qui touche 33 propriétaires forestiers ou agricoles, est une source supplémentaire d’inquiétudes. Le tracé prévu qui s’étend sur 72 hectares de terres agricoles et forestières va causer des impacts permanents et irréversibles en divisant les propriétés, en complexifiant leur accès ou en créant des enclaves inaccessibles. Tout le monde reconnaît qu’une ligne électrique apporte des inconvénients, mais ils ne sont aucunement comparables à ceux causés par une voie ferrée. Le passage d’une ligne de transport d’Hydro-Québec n’entrave pas l’accès à la propriété, ce qu’une voie ferrée présente comme inconvénient majeur en plus des risques d’accidents et du bruit.

Devant la complexité du dossier, tous les propriétaires agricoles et forestiers ont donné le mandat à l’UPA-Estrie et au Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec de les représenter dans les négociations avec les gouvernements fédéral, provincial et municipal.

Au Québec, nous avons un historique de bonnes relations quant aux projets d’infrastructures d’Hydro-Québec ou d’Énergir (anciennement Gaz Metro) avec qui nous avons des ententes-cadres qui balisent les mesures d’atténuation et les indemnités aux propriétaires. Aucune entente du genre n’a été négociée avec le fédéral à ce jour. Il faudra s’entendre avec Transport Canada et Services publics et Approvisionnement Canada.

Au moment de lire ces lignes, une rencontre avec la Ville de Lac-Mégantic aura eu lieu afin de discuter des travaux préliminaires prévus sur le terrain cet automne.

À défaut de pouvoir éviter cette voie ferrée en terres agricoles, nous mettrons l’énergie nécessaire pour que les producteurs propriétaires soient indemnisés correctement et protégés adéquatement, peu importe à qui appartiendra la voie ferrée dans 5, 10 ou 20 ans.

Bonne fin d’été, un bel automne et l’on se revoit à vos assemblées de syndicats locaux.

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie