, 11 octobre 2013 – Sherbrooke le 10 octobre 2013 – Les délégués des différents syndicats faisant partie de la Fédération de l’UPA-Estrie sont réunis aujourd’hui dans le cadre de leur assemblée générale annuelle et de leur congrès, sous le thème «Ensemble, développons l’agriculture».

« Le dépôt d’une toute première Politique québécoise de souveraineté alimentaire marque la fin d’une TRÈS longue période de consultations et nous permet enfin de passer à l’action ».

C’est en ces termes que le premier vice-président de l’Union, M. Pierre Lemieux décrivait l’état d’esprit des familles agricoles québécoises qui, comme leurs concitoyens et les autres partenaires du secteur agroalimentaire, ont bien accueilli la Politique déposée le printemps dernier par le gouvernement du Québec.

Rappelons que le monde agricole attendait depuis plusieurs années une Politique permettant au secteur agroalimentaire de se positionner sur tous les marchés en prévision de la forte croissance démographique des prochaines décennies. La Politique de souveraineté alimentaire, tel que présenté par le vice-premier ministre et ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, M. François Gendron, va en ce sens en misant sur des orientations fortement consensuelles telles l’identification et la présence accrue des produits de chez nous, l’occupation dynamique du territoire, la valorisation de notre potentiel bioalimentaire et le développement durable.

« Les agriculteurs du Québec ont des attentes particulières au niveau, notamment, de l’achat local et du contenu agricole québécois dans nos assiettes. Rappelons que chaque point de pourcentage de plus de produits de l’agriculture québécoise se traduit par une augmentation d’environ 75 millions $ de ventes à la ferme, autant de retombées pour l’économie de nos régions », a continué le président réélu de la Fédération de l’UPA-Estrie, M. François Bourassa.

La Fédération de l’UPA-Estrie souhaite donner l’exemple, en favorisant l’achat de produits des Créateurs de saveurs Cantons-de-l’Est lors de ses activités. Les repas et collations servis aujourd’hui ont presque tous été élaborés à partir de produits promus par la marque. ( voir : http://createursdesaveurs.com )

Il est également impératif, si nous voulons exploiter le plein potentiel agricole de nos régions, de lever le moratoire sur l’accroissement des superficies en culture. Depuis décembre 2004, le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) interdit en effet l’accroissement des superficies cultivées à l’intérieur des bassins versants dits dégradés dans 573 municipalités. Cette disposition n’est plus nécessaire, car le secteur agricole a adopté les pratiques de développement durable qui s’imposaient. Seule l’agriculture est visée par un arrêt de croissance et dans plusieurs régions, les superficies en culture diminuent au profit d’autres usages, le résidentiel notamment, qui émet pourtant plus de phosphore par unité de surface. Comment lancer le Québec sur la voie de la souveraineté alimentaire face à cette contrainte au développement de la production?

Une place importante aux plans de développement sectoriels et aux plans de développements de la zone agricole (PDZA) est aussi souhaitée, ces outils favorisant fortement la croissance, la cohésion et la coordination des différentes productions. L’existence d’outils efficaces pour appuyer la gestion des risques dans tous les secteurs de production, offrant aux producteurs une plus grande stabilité ainsi qu’une meilleure protection de leurs activités, est aussi une priorité. À cet égard, les compressions du gouvernement fédéral dans les outils de gestion des risques fragiliseront plus de la moitié de nos entreprises agricoles et l’hésitation de Québec à pallier ces coupes budgétaires fédérales, par la création d’un programme de transition, est très décevante.

Autre priorité : la protection du territoire et des activités agricoles à la lumière, notamment, des pressions constantes de l’étalement urbain, du phénomène croissant d’accaparement des terres, de leur financiarisation et des problèmes grandissants de cohabitation. Les activités normales de production sont en effet sous pression dans un nombre grandissant de municipalités. Or, le territoire agricole est fondamentalement une zone de travail et doit être reconnu comme tel par tous ceux qui l’habitent.

Pour M. Pierre Lemieux, « Le monde agricole est prêt à aller de l’avant avec les orientations proposées. Dans les mois qui viennent, le gouvernement a l’opportunité de faire avancer rapidement les choses ».

— 30 —

Source et information :