Mobilisation pour la négociation du Partenariat transpacifique (PTP)

Sherbrooke, 10 juin 2015 – La pression exercée sur le Canada pour qu’il accepte d’ouvrir ses marchés sous gestion de l’offre s’accentue dans les négociations en cours du Partenariat transpacifique. Bien que le gouvernement fédéral se soit engagé à répétition à défendre la gestion de l’offre dans toutes les négociations commerciales, les producteurs de lait, d’œufs et de volailles et leurs partenaires sont très inquiets qu’il n’en vienne à accepter de nouvelles concessions qui pourraient conduire à son démantèlement.

À l’occasion d’un point de presse, tenu devant l’édifice de la Fédération de l’UPA-Estrie du boulevard Bourque à Sherbrooke, le président de la Fédération de l’UPA-Estrie, le président des Producteurs de lait du Québec, le président d’Agropur ainsi que plusieurs partenaires ont signifié au gouvernement de Stephen Harper qu’ils tiennent à l’intégralité du système de gestion de l’offre. Les producteurs agricoles de l’Estrie, à l’instar de leurs collègues de tout le Canada, n’accepteront aucun compromis qui en réduirait l’efficacité.

L’objectif est de nous assurer que les élus canadiens aient une position ferme, de promouvoir les retombées positives des productions sous gestion de l’offre ainsi que l’importance pour le Québec et le Canada de préserver ces bénéfices dans les négociations de libre-échange.

En Estrie, on compte 548 entreprises laitières, 17 entreprises produisant de la volaille et 6 entreprises productrices d’œufs de consommation. Ces fermes représentent près du quart des fermes de l’Estrie et produisent la moitié des revenus agricoles de la région. (300 M$ de revenus pour ces 3 productions combinées, MAPAQ-Estrie 2013).

« Toutes ces entreprises sont sous la gestion de l’offre, un système qui offre à tous, tant les producteurs que les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs, des prix stables, sans nécessiter de subventions. Porter atteinte à la gestion de l’offre, c’est menacer la rentabilité de milliers d’entreprises, de façons directes et indirectes, qui contribuent grandement au dynamisme de la région » a expliqué François Bourassa, producteur laitier et acéricole de Valcourt et président de la Fédération de l’UPA-Estrie.

« Tous les pays développés interviennent pour soutenir leur agriculture. Aux États-Unis et en Europe, on intervient avec des subventions. Ici c’est par la mise en marché ordonnée. Et ça fonctionne!

Notre marché est déjà plus ouvert dans les faits que ceux de nos concurrents. Nous importons trois à quatre fois plus de produits laitiers et avicoles que les Américains et ils sont les plus grands exportateurs de ces produits sur notre marché.

Sans la gestion de l’offre, on ne peut concurrencer le climat, l’échelle de production et les subventions de nos concurrents » a précisé Bruno Letendre, producteur laitier de Saint-Georges-de-Windsor et président des Producteurs de lait du Québec.

Quant au président d’Agropur, Serge Riendeau qui est aussi producteur laitier à Coaticook, il ajoute : « Nous sommes une coopérative, propriété de 3 500 producteurs de lait répartis dans cinq provinces, et nous sommes l’entreprise qui transforme le plus de lait au pays. Nous souhaitons que les gouvernements qui négocient en notre nom le fassent de façon concertée avec nous. Au cours des 40 dernières années, la gestion de l’offre a permis à l’industrie laitière canadienne de se développer et d’offrir à nos consommateurs des produits de qualité supérieure à prix concurrentiels. Malheureusement, des décisions récentes telles que l’ajout de quotas d’importation dans le cadre de l’entente Canada Europe viennent affecter cette relation de façon significative.

Alors que les négociations sont dans une phase cruciale, nous réitérons notre demande au gouvernement afin qu’il ne concède ni baisse de tarifs ni hausse de quotas d’importation. Le gouvernement doit garder sa production laitière entre les mains des Canadiens ».

L’événement se tenait dans le cadre de la grande mobilisation de la Coalition pour un modèle agricole équitable. Jusqu’à la conclusion des négociations, les producteurs agricoles et leurs partenaires vont se faire voir et se faire entendre par la campagne Forts et unis pour la gestion de l’offre. Vous verrez des messages affichés le long des routes, sur les véhicules, sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.

À propos de la Fédération de l’UPA-Estrie

La Fédération de l’UPA-Estrie regroupe et représente les 4 000 producteurs agricoles propriétaires des 2 700 fermes sur le territoire des sept MRC de l’Estrie. La Fédération de l’UPA-Estrie contribue à l’amélioration continue et durable de la qualité de vie de tous les producteurs agricoles et forestiers de l’Estrie, en agissant afin de promouvoir, défendre et développer leurs intérêts professionnels, économiques et sociaux. L’UPA est une organisation syndicale professionnelle, qui fonde sa raison d’être et son action sur les valeurs de respect de la personne, de solidarité, d’action collective, de justice sociale, d’équité et de démocratie.

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Source et information :
Valéry Martin
Conseillère aux communications
Fédération de l'UPA-Estrie