Sherbrooke, 20 novembre 2019 – La grève au Canadien National (CN) aura probablement raison de la fin de saison des producteurs de grains. Selon les fournisseurs de propane consultés, il reste l’équivalent de 6 jours de propane au Québec, lequel est livré en priorité aux hôpitaux et autres services essentiels puis, aux agriculteurs dont la production animale dépend du propane.Les Producteurs de grains de l’Estrie

Les Producteurs de grains ne sont donc pas priorisés. Pour ceux qui étaient venus à bout de récolter une partie de leur maïs ces derniers jours, malgré les températures, il sera donc très difficile de compléter l’étape du séchage des grains. Cette étape est primordiale pour abaisser le taux d’humidité requis de 13 % pour la vente.

Même pour les producteurs de grains qui utilisent leurs récoltes pour nourrir leurs propres animaux, la situation n’est pas idéale, car la qualité de la nourriture ne sera pas au rendez-vous. Elle pourrait même moisir avant que reprennent les approvisionnements en propane et que le séchage du grain soit possible.

Loi spéciale?

Les pronostics de résolution du conflit entre CN et ses travailleurs indiquent que ce sera long. La possibilité de faire intervenir une loi spéciale n’aide pas beaucoup. Même en convoquant le nouveau Conseil des ministres rapidement, il sera difficile de faire adopter une loi spéciale au Parlement canadien avant la mi-décembre. La Chambre des communes doit reprendre ses travaux le 5 décembre avec d’abord un discours du trône.

« On fait quoi? Chez nous, seulement le tiers du maïs a été récolté jusqu’à présent. Nous sommes en train de nous dire qu’il vaudra peut-être mieux l’abandonner aux champs cette année. Il faudra rapidement trouver du propane ou décider si on recommande aux producteurs d’abandonner et demander un programme spécial aux gouvernements », commente Stéphane Vaillancourt, président des Producteurs de grains de l’Estrie.

Si le problème n’est pas rapidement résolu, les producteurs devront, de surcroît, soit payer plus cher pour du propane qui devra venir de plus loin – si c’est encore possible – ou payer plus cher pour du maïs qui viendra des États-Unis ou de l’Amérique du Sud pour nourrir leurs animaux.

« Marie-Claude Bibeau vient tout juste d’être reconduite comme ministre de l’Agriculture du Canada. J’en profite pour la féliciter et lui demander de s’attaquer rapidement à cette crise. Nous demeurons à sa disposition pour toute question qu’elle souhaiterait éclaircir avec les producteurs », de conclure Stéphane Vaillancourt.

Les Producteurs de grains de l’Estrie regroupe 1353 producteurs propriétaires de 674 fermes en Estrie. Le syndicat est affilié aux Producteurs de grains du Québec.

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Source et information :
Valéry Martin
Conseillère aux communications
Fédération de l'UPA-Estrie
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