François Bourassa - Président de la Fédération de l’UPA-Estrie
François Bourassa
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Éditorial paru dans La terre de chez nous en région et dans le bulletin Solidarité agricole

Dernièrement, j’ai reçu plusieurs demandes de journalistes qui s’enquerraient de l’état des productions agricoles de la région, suite aux aléas humides de Dame-Nature. Les journalistes font des nouvelles avec nos problèmes, c’est bien connu. Mais ça m’a titillé la réflexion. Pourquoi s’intéresse-t-on tellement aux malheurs présumés des agriculteurs même lorsque ceux-ci semblent plutôt les prendre avec philosophie? Il est vrai que les gens heureux ne passent pas souvent aux infos. On entend aussi souvent des phrases allant dans le même sens comme : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Certains me diront que tout n’est pas rose en agriculture et c’est bien vrai. Certaines productions vivent des crises majeures tandis que d’autres sortent à peine la tête de l’eau.

Puis, par hasard, je suis tombé sur un article au sujet de la National Farming Federation (NFF) de l’Australie sur le site www.theland.com. Lors d’un forum rassemblant des leaders agricoles et gouvernementaux australiens visant à élaborer ce qui pourrait se traduire ici par une politique agricole, les participants ont identifié l’élément clé pour relancer et promouvoir l’agriculture. Communiquer les bonnes nouvelles de façon proactive sera dorénavant privilégié afin qu’elles prennent davantage d’espace que les messages négatifs ambiants.

Je me suis dit que l’ex-ministre Pierre Corbeil n’avait peut-être pas tort lorsqu’il disait qu’on allait faire peur à la relève. Comme les gens de la NFF, nous devrions peut-être nous obliger à prendre le temps de raconter l’agriculture québécoise de façon positive. Ce n’est pas difficile, il me semble, de parler de notre passion. Cela offre un meilleur positionnement de l’agriculture dans la tête des gens de la ville, attire la relève ou les employés puis ouvre davantage de portes sur les marchés internationaux.

Il a plu tout le mois de mai? Et puis après? Ce n’est pas le pire ni le meilleur mois de mai que l’on ait connu! La météo n’est qu’un des nombreux intrants de nos productions. On fait avec et on s’adapte. Les règles changent? Eh oui. L’agriculture évolue comme le reste de la société.

C’est quand même au Québec que l’on retrouve la plus grande proportion de fermes à dimension humaine ou familiale sur tout le continent. Nos fermes sont des endroits particulièrement sains et dynamiques où élever nos enfants. Nos campagnes et nos villages sont le reflet des gens heureux qui les composent. On y retrouve une multitude d’exemples d’entraide, d’actions communautaires bonnes pour le moral, de festivals pas piqués des vers, de goûts et d’odeurs alléchantes (entre les épandages).

Les événements comme les Portes ouvertes, les projets dans les écoles, la route du lait et de l’agriculture sont de parfaits exemples de nos communications positives. Parlons-en et continuons de faire ce que nous faisons le mieux; produire des produits de qualité, cultiver le paysage et occuper le territoire, le tout avec plaisir et bonheur.

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie