Les producteurs et productrices relèveront les défis de la croissance… si les bons outils sont au rendez-vous

Sherbrooke, 16 octobre 2015 – « Les producteurs et les productrices agricoles de l’Estrie ont confiance en l’avenir de leur secteur et sont prêts à relever le défi de la croissance si les bons outils sont au rendez-vous », a indiqué le président réélu par acclamation François Bourassa, en marge du congrès général annuel de la Fédération de l’UPA-Estrie.

Communiqué congrès 2015
François Bourassa et Marcel Groleau en point de presse.

Cette année, les délégués se réunissent au Centre Julien-Ducharme à Sherbrooke sur le thème : L’UNION C’EST TOI, C’EST MOI, C’EST NOUS! L’actualité autour de l’entente conclue par le Canada avec 11 pays dans le cadre du Partenariat transpacifique a retenu l’attention. Les producteurs et productrices agricoles et leurs partenaires sont plus mobilisés que jamais et comptent faire entendre leur voix.

L’agriculture et la transformation alimentaire, premiers secteurs primaire et manufacturier au chapitre des emplois et des retombées économiques, jouent un rôle majeur dans le développement du Québec et de ses régions. Ces secteurs génèrent en effet près de 200 000 emplois (un emploi sur 20 au Québec), engendrent plus de 17 G$ de PIB (5,9 % du PIB québécois) et apportent plus de 4,5 G$ aux revenus des divers paliers de gouvernement. « L’agriculture de chez nous est un acteur économique de premier plan et mérite une place prépondérante dans toute stratégie québécoise visant à relancer notre économie », a renchéri Marcel Groleau, producteur laitier de Thetford Mines et président général de l’Union des producteurs agricoles.

Malheureusement, plusieurs facteurs empêchent l’agriculture québécoise de jouer pleinement son rôle. D’abord, les budgets du Québec accordés au secteur agricole ont diminué d’environ 151 M$ (14,5 %) en 2015-2016, ce qui en fait le secteur le plus touché dans l’atteinte de l’équilibre budgétaire du gouvernement québécois. La situation exceptionnelle sur les marchés (notamment dans le secteur des viandes) a permis aux producteurs de tirer leurs revenus sans intervention majeure de La Financière agricole du Québec. Mais nous revivrons éventuellement une période de bas prix, comme ce fut le cas dans le secteur des viandes de 2009 à 2012. D’où l’importance de moderniser les programmes dans le sens des recommandations du groupe de travail MAPAQ-FADQ-UPA afin de donner un signal clair aux producteurs qu’ils peuvent compter sur un horizon de stabilité pour investir et développer leur entreprise.

Il est par ailleurs déplorable que les productions sous gestion de l’offre représentant 43 % des revenus agricoles québécois fassent les frais de la récente accession du Canada au Partenariat transpacifique (PTP). Les concessions à nos marchés laitiers et avicoles entraîneront une perte importante d’emplois ainsi qu’une diminution de la contribution des secteurs de la production et de la transformation alimentaire à l’économie canadienne et des régions.

Les mesures de compensations annoncées devront quant à elles faire l’objet d’une évaluation serrée pour veiller à ce que les pertes soient entièrement compensées. Par ailleurs, des mesures concrètes doivent être rapidement prises pour assurer un contrôle rigoureux des frontières et le respect intégral des normes de composition fromagère. C’est la seule manière d’assurer une gestion de l’offre efficace et fonctionnelle pour l’avenir. L’UPA s’attend à ce que le gouvernement fédéral prenne sans délai les mesures qui s’imposent.

La fiscalité municipale est également problématique. La méthode employée par les municipalités pour déterminer la valeur foncière des entreprises agricoles, jumelée à la méthodologie de taxation, est directement responsable de la hausse des coûts du Programme de crédit de taxes foncières agricoles. À ce jour, une douzaine de municipalités seulement, sur les centaines habilitées à le faire, appliquent un taux distinct pour le secteur agricole (comme cela se fait ailleurs dans le monde, notamment en Ontario).

L’agroenvironnement est aussi un enjeu important. L’État québécois traîne en effet les pieds et manque de vision. À témoin, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation investit à peine plus de 2 M$ par année pour l’ensemble des mesures relatives à la gestion rationnelle des pesticides. Le budget des 72 clubs-conseils en agroenvironnement a quant à lui été amputé de 10 M$ par année, malgré des résultats éloquents dans l’amélioration de la gestion des matières fertilisantes, la réduction et la gestion raisonnée des pesticides, l’adoption de pratiques culturales de conservation et la protection des cours d’eau. Le gouvernement ne peut plus remettre à plus tard le renouvellement du Plan d’action concerté sur l’agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse, en réel partenariat avec les producteurs et les productrices.

« Les producteurs et les productrices de l’Estrie partagent avec le gouvernement l’objectif de développer l’économie et les régions du Québec par une agriculture dynamique, constituée d’entreprises agricoles qui investissent et se modernisent pour répondre à des marchés de plus en plus spécifiques et à des consommateurs de plus en plus exigeants. Ils ont toutefois besoin d’un environnement d’affaires favorable, des programmes efficaces et compétitifs assurant, notamment, un partage des risques viables entre l’État et les agriculteurs, des aides à l’investissement et au développement des marchés ainsi qu’un appui aux outils de mise en marché qui ont fait leurs preuves », a conclu François Bourassa, producteur laitier et acéricole de Valcourt et président de l’UPA-Estrie.

À propos de la Fédération de l’UPA-Estrie

La Fédération de l’UPA-Estrie regroupe et représente les 4 000 producteurs et productrices agricoles propriétaires des 2 700 fermes sur le territoire des sept MRC de l’Estrie. La Fédération de l’UPA-Estrie contribue à l’amélioration continue et durable de la qualité de vie de tous les producteurs agricoles et forestiers de l’Estrie, en agissant afin de promouvoir, défendre et développer leurs intérêts professionnels, économiques et sociaux. L’UPA est une organisation syndicale professionnelle, qui fonde sa raison d’être et son action sur les valeurs de respect de la personne, de solidarité, d’action collective, de justice sociale, d’équité et de démocratie.

— 30 —

Source et information :
Valéry Martin, M.A.
Conseillère aux communications
Fédération de l'UPA-Estrie
819 346-8905, poste 143