François Bourassa - Président de la Fédération de l’UPA-Estrie
François Bourassa
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Éditorial paru dans La terre de chez nous en région et dans le bulletin Solidarité agricole

Ça sent la rentrée et l’automne! J’espère que vous avez profité de la chaleur et du soleil. Pour plusieurs d’entre nous, orages, grêles et pluies abondantes sur de très courtes périodes ont causé leur part de problèmes, surtout autour de Coaticook. Si vous avez besoin de conseils ou de services lors de situations extraordinaires, contactez votre Union. Toutes les ressources sont mobilisées pour trouver des réponses à vos questions.

L’été est une période de l’année où l’activité aux champs est grande, mais se fait plus tranquille en vie syndicale. Le blitz de négociations pour l’adoption du Partenariat transpacifique a quand même forcé la tenue de manifestations aux bureaux de députés conservateurs pour leur rappeler l’importance du maintien intégral de la gestion de l’offre. Les pays ne sont pas parvenus à une entente, mais ce n’est que partie remise.

Il faut maintenir la pression et continuer à informer les gens pour élargir nos appuis. Beaucoup d’informations erronées circulent et provoquent de bien mauvaises perceptions. Il est étonnant qu’on doive encore défendre ce système après l’échec du libre marché en France, en Allemagne et même en Nouvelle-Zélande où l’entreprise Fonterra vient de mettre à pied 600 employés. Les baisses de prix dues à la surproduction prouvent que l’exportation, surtout en agriculture nordique, n’est pas une solution.

Il est difficile d’aller chercher des appuis auprès d’un grand nombre de consommateurs lorsque des économistes du Canada rapportent que la gestion de l’offre coûte 350 $ par an aux ménages canadiens. Lorsque le chroniqueur Sylvain Charlebois prône l’abolition de la gestion de l’offre et donne en exemple la Nouvelle-Zélande, son analyse est biaisée et manque de rigueur. Peut-on qualifier de réussite un exercice où le consommateur paie son lait plus cher après que le prix à la ferme a diminué de moitié? Le gouvernement néo-zélandais a même institué une commission d’enquête sur les prix élevés du lait et des produits laitiers. Serait-ce que le lait national subventionne l’exportation? Pierre Nadeau du Conseil des industriels laitiers du Québec pose la question : au Canada, qui ira chercher ce 350 $; les transformateurs, les détaillants ou les gouvernements? Le chroniqueur Charlebois devrait se pencher sur cette question. Il a aussi affirmé que les producteurs laitiers canadiens n’étaient pas les plus efficaces et innovateurs. Ils se classent pourtant souvent parmi les meilleurs lors des expos agricoles internationales sur le plan de la génétique. La génétique canadienne est reconnue et recherchée.

Nous devons profiter de la (trop!) longue campagne électorale fédérale pour informer le plus grand nombre possible de candidats sur l’importance et les bienfaits de la gestion de l’offre puis solliciter leur engagement à la maintenir une fois élus.

Produire ce qu’on mange devrait préoccuper toute la population, beaucoup d’éducation reste à faire pour qu’une majorité de consommateurs posent des gestes quotidiens d’achat local et réalisent que de se fier sur un pays voisin pour se nourrir rend vulnérable. La récente crise de grippe aviaire aux États-Unis a entrainé l’abattage d’un grand nombre de volailles. Ils doivent maintenant importer des œufs pour leur propre marché. S’ils étaient nos fournisseurs, il nous faudrait aussi trouver un plan B. Alors, soyons de bons ambassadeurs dans notre discours et nos achats.

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie