François Bourassa - Président de la Fédération de l’UPA-Estrie
François Bourassa
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Éditorial publié dans le bulletin Solidarité agricole de décembre 2015

Tout juste de retour du Congrès général, au moment d’écrire ces lignes, je suis encore impressionné par la rétrospective de l’année. Parmi tout le travail accompli, 11 mémoires ont été présentés en commission parlementaire ou remis au premier ministre du Québec, dont celui de la FRAQ sur les aspirations de la relève agricole.

Ce fut aussi l’année des alliances, dont celle avec Équiterre, la Fondation David-Suzuki et la Fédération québécoise des municipalités sur le front de l’environnement et de l’occupation du territoire.

La plus récente alliance est celle avec le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ). Cette alliance entre les premiers employeurs des secteurs primaire et manufacturier représente un chiffre d’affaires de 8 milliards $ à la ferme et de 24 milliards $ pour les 1 500 entreprises de transformation. Un manifeste commun avec le CTAQ, la Coop fédérée, Desjardins et l’Université Laval, signé par les 300 délégués du Congrès général de l’Union a été remis à Pierre Paradis, ministre de l’Agriculture.

Habituellement, les ministres de l’Agriculture profitent de leur passage au congrès de l’Union pour annoncer quelques décisions concrètes. Grande déception : tout ce que Pierre Paradis a annoncé cette année est un sommet sur l’alimentation en 2016. Il n’avait rien à dire concernant le rapport Pronovost sur la relève ni au sujet du rapport Gagné sur l’acériculture. Des rapports et des sommets on n’en veut plus. Il est grand temps de passer à l’action!

L’agriculture a suffisamment contribué à l’atteinte du déficit zéro. Le MAPAQ et la Financière agricole ont subi près de 300 millions $ de compressions budgétaires en deux ans. Alors que la conjoncture des prix dans la plupart des productions permettait à la Financière d’engranger près d’un milliard de dollars depuis 5 ans, l’incertitude provoquée par les coupes et le manque d’appui de l’État a fait en sorte que les investissements à la ferme ont diminué de 120 millions $ au lieu de travailler à créer la richesse dont le Québec a besoin.

Ce gouvernement doit reconnaître l’agriculture et l’agroalimentaire dans sa stratégie économique. Cela rapporterait plus que le Plan Nord; plus que la Stratégie maritime. Le ministre de l’Agriculture actuel n’agit pas comme un allié de cette vision. Espérons que 2016 sonnera son réveil.

Au niveau de la rétrospective régionale, les PDZA en cours ou réalisés sont de belles occasions de mettre en valeur l’apport économique de l’agriculture. Certaines avancées sont très prometteuses, mais beaucoup de travail reste à accomplir. Nous y travaillerons encore en 2016.

Le Partenariat transpacifique a consommé beaucoup de nos énergies en 2015. Le manque de contrôle aux frontières entrainant une baisse du prix du lait n’est toujours pas réglé. Espérons que la mobilisation des producteurs et les moyens de pression accélèreront un règlement favorable.

Surveillez les rencontres d’information organisées durant l’hiver et prenez connaissance des communications écrites ou courriels que l’on vous achemine afin de connaître les derniers détails dans tous ces dossiers et bien d’autres.

Merci à tous pour votre implication et votre participation aux réunions ou aux manifestations. Les initiatives de producteurs qui font valoir nos points de vue dans la population ou auprès des élus sont toujours les bienvenues, lorsque faites dans le respect.

Je vous souhaite de bonnes festivités de fin d’année, du succès et de la santé pour 2016. N’oubliez pas de privilégier l’achat local et de le valoriser lors de vos échanges avec vos parents et amis. Vous serez toujours les meilleurs ambassadeurs de l’agriculture

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie