Éditorial paru dans le bulletin Solidarité agricole de juin 2022

Bien que l’Estrie ait vu la plus grande augmentation du nombre de fermes au Québec entre 2016 et 2021 (9,9 %) selon Statistique Canada, la situation économique demeure inquiétante pour plusieurs d’entre nous.

Michel Brien, président
Fédération de l’UPA-Estrie

Au cours des 10 dernières années, la valeur des terres agricoles a augmenté de 227 %, passant de 7 423 $/ha à 24 237 $/ha selon la Financière agricole du Québec. Et la tendance semble vouloir se maintenir.

L’âge moyen des agriculteurs canadiens est de 56 ans et de 54 ans au Québec. Passer le flambeau à la relève fait partie des plans à moyen terme de plusieurs propriétaires.

Selon les agroéconomistes de l’Union qui compilent les données et tracent le portrait des transactions foncières, en Estrie, 9 % des acheteurs n’étaient pas agriculteurs en 2010. Onze ans plus tard, cette proportion atteint 54 % des transactions, dont près de la moitié est achetée par des entreprises de gestion financière.

Il faut s’alarmer. C’est notre relève qui se retrouve en compétition avec ces spéculateurs. Des impacts sont aussi à craindre pour le garde-manger québécois.

À cette situation, s’ajoutent les hausses de coûts de production (intrants, main-d’œuvre, machinerie, taux d’intérêt, etc.)

En tenant compte qu’au Québec, moins de 2 % du territoire est utilisé à des fins agricoles, les gouvernements se doivent de réglementer pour en conserver la vocation nourricière.

Au cours de l’été, vous croiserez assurément des personnes candidates aux élections québécoises prévues le 3 octobre. N’hésitez surtout pas à les interpeller. Parlez-leur de vos besoins en tant que producteurs et productrices, mais aussi des autres enjeux qui vous préoccupent. Battons le fer tandis qu’il est chaud.

Michel Brien
Producteur de lait et de foin de commerce à Racine
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie