François Bourassa - Président de la Fédération de l’UPA-Estrie
François Bourassa
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie

Éditorial paru dans le bulletin Solidarité agricole de septembre 2019

Heureusement, la chaleur et l’humidité de juillet ont permis de récupérer les retards causés par un printemps froid et pluvieux. Car, les mauvaises nouvelles et les retards de compensations promises par la ministre de l’Agriculture Marie-Claude Bibeau pèsent sur le moral et les finances.

Que faudra-t-il inventer afin de sensibiliser davantage aux dangers reliés à nos activités quotidiennes? Encore cette année, des décès survenus auraient pu être évités en appliquant des règles de sécurité minimales. L’Union investit chaque année dans l’information aux producteurs, grâce à laquelle des vies ont probablement été sauvées, mais un meilleur bilan en santé et sécurité tarde à se concrétiser.

Un autre décès survenu lors d’un accident de la route a mis en lumière la capacité de créer un élan de solidarité pour permettre à la maraîchère de sauver sa production. Merci à tous ceux qui ont participé à ce mouvement de solidarité.

On ne peut pas dire que la solidarité soit ce qui motive certains groupes vegan par contre. Leur acharnement contre certains producteurs manque de cohérence. Ils prêchent pour le bien-être animal tout en harcelant des humains et en ne respectant pas la propriété privée. Votre Union se penche sur ce phénomène actuellement. Comment devons-nous réagir devant ces gens qui attaquent ceux qui nourrissent la population?

La commission sur les pesticides et le récent rapport du GIEC qui pointe l’agriculture comme l’une des causes des changements climatiques contribuent aussi à soulever des doutes sur nos pratiques d’élevage et de protection des sols.

Tous les changements envisagés devront s’implanter sans affecter la rentabilité déjà précaire de plusieurs productions. C’est pourquoi l’Union demande de majorer de 60 millions de dollars pour atteindre 100 millions de dollars par an les sommes consacrées par le gouvernement du Québec à l’agroenvironnement. La rémunération des services écologiques comme l’élargissement des bandes riveraines et le maintien des milieux humides devient pressante et évidente si nous voulons continuer à nourrir la population.

Rappelons que la concurrence sur les tablettes d’épicerie provient des produits importés qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences. Le gouvernement du Canada doit exiger la réciprocité des règles et aussi compenser les actions environnementales posées par des entreprises d’ici au bénéfice de toute la société.

C’est à ce prix que les producteurs agricoles demeureront prêts à répondre à toutes les demandes des consommateurs. Après tout, la définition du développement durable tient compte de l’économie tout autant que du respect de l’environnement et de l’acceptabilité sociale.

Restons optimistes. Tout est une question d’équilibre. Bonnes récoltes!

François Bourassa
Producteur laitier et acéricole de Valcourt
Président de la Fédération de l’UPA-Estrie